Chouchoutées par des bénévoles, 400 tortues ont retrouvé leur refuge en Bretagne
Par Éloïse LEVESQUE.
C’est au Folgoët, dans le Finistère, que se situe l’un des deux refuges de tortues de France, avec celui de Vergèze, dans le Gard. Avec un maigre budget de fonctionnement de seulement 3 000 € par an, cette association accueille 400 tortues et se sent prête, après s’être relevée de la tempête Ciaran, à doubler sa capacité d’accueil. Reportage.
Un bâtiment sans fioritures, un panneau discret, nous sommes en pleine campagne du Nord-Finistère, quelque part entre Brest et la côte des Légendes. Derrière ces murs résident 400 tortues du monde entier, « une vingtaine d’espèces au total », précise le président et créateur de SOS tortue Bretagne en 2016, David Manceau.
Leur provenance ? « Cet animal vit entre 40 et 80 ans et sa longévité favorise les abandons. Au bout d’un certain nombre d’années, certains propriétaires ne peuvent plus les garder. D’autres ont été saisies par l’administration », répond David Manceau. Sans compter les reproductions illégales.
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« On a une responsabilité »
Car n’adopte pas qui veut. Pour acquérir une tortue terrestre, il faut une autorisation de détention auprès de la préfecture. Certaines ne sont pas adoptables. C’est le cas des tortues de Floride, considérées comme envahissantes et menaçantes pour d’autres espèces protégées. « Elles sont carnivores et propagent la salmonelle en captivité », détaille David Manceau.
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Au Folgoët, ces dernières se comptent par dizaines et sont prises en charge par Camille Verbeque, vétérinaire. « Je pratique les identifications obligatoires. Je regrette qu’on ne soit pas mieux accompagnés par les autorités et qu’on n’ait pas plus de moyens. On a une responsabilité », insiste celle qui, bien que professionnelle, est bénévole pour cette mission.
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« On a appris à faire et on va vite »
Comme elle, ils sont 25 volontaires actifs, dont une partie a participé à la reconstruction avec la tempête Ciaran. « On avait pensé à tout abandonner, mais on a tout refait », souffle David Manceau. Actuellement, chaque semaine, une poignée d’entre eux participe à la construction de bassins en plein air pour accueillir des tortues aquatiques classées dangereuses, car « les mâles peuvent s’entretuer », précise David Manceau.
Pelle à la main, Guy Le Rest ne manque pas de motivation, en dépit du crachin et du froid. « Je suis bénévole depuis cinq ans. À force, on a appris à faire et on va vite », commente-t-il.
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Vers un agrandissement ?
Les bénévoles, c’est la force du refuge qui ne peut pas, pour l’instant, se payer de salariés. « Notre budget de fonctionnement est de 3 000 € par an. En dépit de nos demandes, on n’a aucune subvention et on ne vit que des dons », regrette le président du refuge.
Cela n’empêche pas cet amoureux des tortues de poursuivre ses projets, alors que le troisième refuge de France, près de Toulouse, vient de baisser le rideau. L’infirmier de métier vient de déposer un dossier auprès de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) afin d’augmenter sa capacité d’accueil et prendre en charge 400 tortues de Floride supplémentaires. « Je veux limiter les euthanasies. » Avec quels moyens ? « Si ça fonctionne, on fera cinq bassins supplémentaires. C’est la rencontre entre passionnés qui nous emmènent au bout des projets. »
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