Le week-end, un thème, un tableau
Fardoise nous dit :
En mémoire de Lady Marianne... Elle a fait de ce challenge ce qu'il est aujourd'hui et nous le poursuivrons sous l'intitulé :
"Le week-end, un thème, un tableau"
Chaque week-end nous publions un tableau sur un thème donné pour deux semaines, une manière ludique de découvrir la peinture, et de partager,
nous disons pourquoi il nous touche,
et quelques mots sur l'artiste.
Elle nous dit:
2026 est l'année internationale du pastoralisme et des pâturages, mais elle célèbre aussi les agricultrices. En cette période où le monde agricole est secoué en France par la maladie de la Dermatose nodulaire et des mesures qui obligent les éleveurs à abattre leurs troupeaux, il m'a semblé que nous pourrions célébrer les gardiens et gardiennes de bétail à travers les âges. Je vous propose donc :
bergers et bergères à travers le monde
et/ou
le travail des femmes aux champs
J'ai choisi ce tableau de Jules Breton:
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En abandonnant la représentation de la misère laborieuse de ses débuts au profit d'une vision idyllique et pittoresque du monde du travail, Jules Breton gagne les faveurs de la critique et du public. Présenté au Salon en 1859, l'oeuvre connaît un très grand succès et attire même l'attention de l'impératrice Eugénie. Cette dernière la fait acheter sur la liste civile de Napoléon III. Tout d'abord présenté au château de Saint-Cloud, le tableau rejoint, grâce à un don de l'empereur en 1862, les collections du musée du Luxembourg, alors musée des artistes vivants.
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Jules Aldolphe Aimé Louis Breton, né à Courrières (Pas-de-Calais) le 1er mai 1827 et mort à Paris le 5 juillet 1906, est un peintre et poète français.
Son père, Marie-Louis Breton, est maire de Courrières. Sa mère meurt alors qu’il n’a que quatre ans. Il étudie tout d’abord au collège Saint-Bertin à Saint-Omer où il est pensionnaire, puis au collège royal de Douai. Il fait son apprentissage auprès de Félix de Vigne à Gand et de Gustave Wappers à Anvers en Belgique, puis poursuit sa formation à Paris en suivant les cours d’Ingres et d’Horace Vernet. Il se marie en 1858 avec Élodie de Vigne, la fille de Félix de Vigne. Le couple a un enfant unique, Virginie Demont-Breton, qui naît en 1859 et qui suivra les traces de son père en devenant elle-même peintre. Elle épousera le peintre Adrien Demont. Jules Breton est aussi l’oncle de Jules-Louis Breton (1872-1940), député et sénateur du Cher, socialiste puis républicain-socialiste, ministre en 1916-1917 et 1920-1921, fondateur du « Salon des arts ménagers » (1923).
De formation académique, réaliste, puis naturaliste, Jules Breton fut l’un des premiers peintres paysans.
Loin des audaces sociales d’un Courbet ou du réalisme poétique teinté de pessimisme de Millet, son art prend naissance vers 1848, période de forts bouleversements sociaux et politiques. La montée de l’industrialisation provoque un exode des campagnes vers les villes et suscite chez les intellectuels, les artistes, une prise de conscience du peuple dans sa vie ordinaire.
Il est de ceux qui abandonnent l’idée de la beauté venue de l’âge classique, pour une conception où le vrai est associé au laid pour peindre les hommes et les femmes de son pays natal dans leurs travaux journaliers, recherchant au travers d’un réalisme moralisant à idéaliser ce monde paysan dans sa quotidienneté qu’il affectionnait tant.
Élu membre de l’Académie des beaux-arts en 1886, il fut très populaire de son temps, consacré officiellement, obtint médailles, décorations et achats de l’État pour le musée du Luxembourg. Il est aujourd’hui très présent aux États-Unis où ses peintures de glaneuses sur fond de crépuscule doré sont très recherchées.
Il est aussi un écrivain connu en son temps. Il publie plusieurs recueils de poèmes et des ouvrages sur la vie de peintres qu’il connaît. Il est encouragé par son ami José-Maria de Heredia, par Victor Hugo, Eugène Fromentin et Anatole France. Il est la cible de critiques acerbes de la part de Baudelaire et d’Émile Zola. Vincent Van Gogh l’évoque élogieusement dans ses lettres à son frère Théo Van Gogh. Le peintre Paul Chabas (1869-1937) l’immortalise aux côtes des poètes du Parnasse (Leconte de Lisle, Heredia, Paul Bourget, ou Sully-Prudhomme, entre autres) dans une vaste composition peinte en 1895, « Chez Alphonse Lemerre, à Ville D’Avray » et commandée par l’éditeur parisien.
Il est inhumé à Paris au cimetière du Montparnasse non loin de son ami Leconte de Lisle.
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